Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /Déc /2008 04:07

PRÉSENTÉE le 20 novembre 2008 au Salon du Livre de Montréal


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L’AMOUR et la guerre sont des notions qui sont, à première vue, contradictoires. En général –et surtout depuis le milieu du XXème siècle- lorsqu’une œuvre littéraire unit ces deux notions, c’est surtout pour que l’une serve de contre-poids à l’autre; qu’au milieu du chaos inhumain qui résulte de l’affrontement massif d’une nation contre une autre, l’amour devienne la lueur d’espoir qui permet au héros de traverser les épreuves brutales auxquelles il est confronté.

 

 

TOME I, Le Choix de Selenæ :

« Tout comme l’amour est source de vie, instinct des plus primaires qui mène à la reproduction de l’espèce et à sa préservation; la guerre en est l’extinction. Instinct tout aussi primitif que l’amour, il amène l’homme à détruire son prochain. »

 

 

Le TOME II de la saga La Guerre des Titans présente une perspective tout à fait différente de ces deux notions, puisqu’elles n’y sont pas mises en opposition mais, au contraire s’emboîtent l’une dans l’autre. Non seulement il n’y aurait pas d’histoire d’amour sans la guerre qui permet la rencontre des deux protagonistes Selenæ et Donovan, mais il n’y aurait pas de guerre sans cette relation, dont le seul but est la naissance d’un enfant –l’Élu.

 

Dans son ensemble, j’ai essayé d’éloigner ma saga des stéréotypes littéraires qui entourent le genre de la fantaisie héroïque : combat du bien contre le mal, histoire d’amour romancée, demoiselles en détresse et héros (en général masculin) qui s’engage dans la guerre malgré lui, parce qu’il découvre qu’une grande destinée l’attend et que le sort du monde repose sur ses épaules.

 

Si l’on observe Le Choix de Selenæ, premier tome de la saga qui est censé présenter les enjeux de la guerre à venir, à première vue, le déroulement de l’intrigue ne semble pas particulièrement détaché des stéréotypes littéraires : une héroïne découvre qu’elle doit s’aventurer dans un autre monde afin de combattre Hel, son père qu’elle n’a jamais connu et dont la présence sur la Quatrième dimension menace la survie de toutes les autres. L’on découvre que les combattants sont regroupés en deux camps diamétralement opposés : celui des trois Titans qui règnent sur l’Éden, et celui des trois Démons qui contrôlent les Enfers. L’on présume que Hel est le chef des Enfers et qu’il veut détrôner les Titans afin de contrôler la Quatrième Dimension. Hel y est diabolisé : tous ceux qui le présentent en parlent comme d’un chef cruel, manipulateur et assoiffé de pouvoir.

 

En vérité, si Le Choix de Selenæ rompt avec les stéréotypes littéraires, c’est avant tout parce que le personnage principal se détache du modèle du héros traditionnel : c’est une femme, déjà âgée et guerrière célèbre au début du roman, et dont les exploits les plus glorieux appartiennent au passé. Contrairement à la plupart des sagas qui débutent avec des illustres inconnus destinés à devenir des héros, dans La Guerre des Titans, Selenæ est déjà un personnage de légende et elle attend impatiemment l’opportunité de prendre part à une guerre ou à une expédition héroïque, car elle déteste la paix et ne peut vivre que dans l’action. Puisque Selenæ est présentée d’emblée comme une guerrière célèbre, dans le roman aucun personnage ne cherchera à tester sa valeur au combat, ni ne remettra sa force en question sous prétexte qu’elle est une femme (alors que c’est généralement le cas dans la fantaisie héroïque lorsque le protagoniste est un personnage féminin).

 

Dans ce livre, Selenæ doit choisir le parti qu’elle doit prendre dans la guerre : soit celui des Titans, soit celui de Hel. Présenté froidement, le choix semble évident et la question ne devrait même pas être posée –pourquoi prendrait-elle le parti de l’envahisseur, de celui qui trouble l’ordre, qui menace, qui extermine? En effet, le héros traditionnel n’oscillerait pas et prendrait pour acquis que le groupe qui cherche à obtenir son appui a forcément raison, et que le groupe ennemi a forcément tort, ce qui justifierait d’avoir recours aux armes : la guerre doit être juste, sans quoi le personnage du héros devient lui-même un monstre. Si un tel questionnement a lieu, donc, c’est parce que l’héroïne est persuadée qu’elle est libre de faire un choix éclairé alors qu’en vérité, elle est clairement manipulée par le parti qui cherche à obtenir son obéissance : elle ne réalise pas que, puisque les Titans sont les détenteurs de l’information qui lui est transmise, celle-ci peut être fausse ou biaisée en leur faveur. L’ennemi « mauvais » qu’elle croit combattre pourrait donc être fictif, car les raisons pour lesquelles cette guerre a été déclenchée pourraient être entièrement différentes de ce qu’elles semblent être : est-ce vraiment Hel qui déclare seul la guerre aux trois Titans afin de s’emparer de leur pouvoir, ou bien Hel n’est-il pas au contraire un prétexte pour que les Titans resserrent encore plus l’étau de leur tyrannie sur les Enfers, et étouffent ainsi une rébellion qui nuirait à leurs propres intérêts?

 

Si le TOME I présente le conflit comme étant relativement conventionnel, au fur et à mesure que les enjeux de la guerre deviendront plus clairs, la séparation des camps sera de moins en moins nette jusqu’à ce qu’on en vienne à se demander si les dirigeants des camps ennemis ne combattent pas, au fond, pour les mêmes raisons. En somme, l’on se demandera si un camp est véritablement préférable à l’autre ou non, puisque les Titans et les Démons ne sont pas aussi différents l’un de l’autre qu’ils se l’imaginent eux-mêmes. Les différences qui les séparent dans leur nature sont en réalité si infimes qu’on peut aller jusqu’à dire que l’Éden et les Enfers ne sont entrés en opposition que pour une raison historique (et non pas idéologique), de la même manière que, historiquement, deux pays voisins de forces et de puissances égales entreront inévitablement en conflit pour tenter de dominer l’autre.

 

Ainsi, au cours de la saga, les notions du bien et du mal seront régulièrement inversées pour que le lecteur en vienne à se forger une opinion personnelle sur la guerre, pour que, comme le fait Selenæ dans le TOME I, il s’interroge lui-même sur le camp qui devrait gagner la guerre, sur celui qui a tort de s’y engager, puis enfin sur la guerre elle-même : devrait-elle avoir lieu?

 

C’est pourquoi le TOME II devrait surprendre ceux qui ont déjà lu Le Choix de Selenæ, puisqu’il présente à l’héroïne non pas le point de vue des Titans mais au contraire le point de vue de ceux qui ont été diabolisés dans le TOME I, c’est-à-dire les habitants des Enfers.

 

Le début et la fin du roman sont ponctués par l’arrivée et le départ de Selenæ dans cette dimension : toute l’intrigue se déroule donc aux Enfers, et le seul personnage qu’ont en commun le TOME I et le TOME II est l’héroïne elle-même, qui joue plus le rôle d’observateur de la guerre qu’elle n’y prend véritablement part.

 

Dans La Naissance de l’Élu, Selenæ est envoyée aux Enfers afin d’empêcher que l’Élu ne voie le jour, car c’est lui qui deviendra leur chef et unira les peuples des Enfers contre leur oppresseur commun : l’Éden. On remarquera que, tandis que dans le volume précédent, Hel avait une importance capitale dans la guerre et qu’il était présenté comme étant « l’ennemi numéro un de la paix »; dans le tome suivant, son nom n’apparaît presque pas, et il n’est pas du tout considéré comme étant le maître des Enfers. Le conflit qui constitue le nœud de l’intrigue du TOME II n’est pas non plus le même que dans Le Choix de Selenæ; en réalité, les Enfers sont à tel point coupés du reste des dimensions que nul n’y a conscience qu’une nouvelle « guerre des Titans » éclatera bientôt. Contrairement aux Titans, les Démons sont presque complètement absents de la vie des populations qu’ils gouvernent, et ces mêmes populations ne concentrent pas leur haine envers l’Éden (comme le croient les Titans), mais au contraire contre elles-mêmes. C’est pourquoi la guerre ravage continuellement les Enfers, où les différentes nations éprouvent beaucoup de peine à coexister sans parvenir à établir leur hégémonie sur le reste de la dimension. Les deux peuples régnants –soit celui de Darren, et celui de Donovan-  croient tous deux être privilégiés des Démons, et dressent un portrait de leurs adversaires qui ressemble étrangement à celui que les Titans avaient esquissé des Enfers. Le voile de mensonges est de plus en plus évident, et l’héroïne n’est plus manipulée aussi facilement que dans le TOME I.

 

Selenæ se retrouve donc plongée au cœur d’une guerre qui oppose ces deux nations, dont l’une (celle de Darren) est sympathisante de l’Éden, tandis que l’autre (celle de Donovan) demeure soumise à l’autorité des Démons. Ce dernier a pour projet d’envahir la forteresse d’Aquila afin de permettre la rencontre des deux peuples, dont l’union engendrerait la naissance de l’Élu.

 

Selenæ est bouleversée face à la réalité qu’elle découvre chez ses ennemis, car ceux-ci ne correspondent du tout pas à l’image qu’en avaient dressé les Titans.

 

 

TOME II, La Naissance de l’Élu (Selenæ) :

–Je ne sais plus quoi penser, admet-elle [en s’adressant à l’une des dirigeants d’Aquila]. En visitant un village de vos esclaves et la forêt qui l’entourait, vous m’avez paru correspondre assez bien à l’image que les Titans donnaient des Enfers : un amalgame de peuples désunis, chaotiques et paniqués par la menace du flot continuel des âmes. Mais je découvre à présent que le contrôle des [âmes] ne présente aucun problème pour vous, qu’il y a non seulement de l’ordre dans votre société, mais une organisation plus complexe que je ne pouvais le concevoir. Comment voulez-vous que je réagisse? Je ne peux me former une opinion sur votre compte sans m’apercevoir que vous n’êtes jamais ce que vous semblez être!

 

 

Selenæ se voit forcée par les circonstances à remettre en cause une fois de plus ce que lui ont dit les Titans. Ses sentiments personnels jouent une part de plus en plus importante dans la prise de décision, à tel point qu’elle se laisse aller jusqu’à s’engager dans une relation amoureuse avec Donovan, le chef du camp ennemi.

 

C’est grâce à cette histoire d’amour que le lecteur est alors amené à remettre en question sa perspective unilatérale du conflit, et il découvre aux Enfers non pas des chefs sanguinaires qui ne pensent qu’à conquérir le reste des dimensions et à détruire l’équilibre du monde régi par les Titans, mais au contraire des peuples déchirés par des conflits internes, délaissés par les Titans, soumis au joug des Démons, et qui n’ont qu’un rêve : la liberté, l’union et la paix. C’est là le point de vue de Donovan, et Selenæ est contrainte d’admettre que le véritable visage des Enfers n’est pas aussi immonde qu’on aurait voulu lui faire croire. La Naissance de l’Élu est-elle une mauvaise chose en soi? Qu’est-il prédestiné à accomplir, cet élu, sinon de mettre fin à trois mille ans d’affrontements aussi sanglants qu’absurdes, puisqu’ils ne mènent à rien et que les dirigeants des peuples qui s’affrontent admettent eux-mêmes qu’il n’y a pas d’autre issue possible que la coexistence?

L’aspect héroïque du conflit est alors brisé par la dure réalité qui s’offre à l’héroïne : la guerre est absurde, entièrement contrôlée par les dirigeants des deux pays qui ne s’attendent pas réellement à ce qu’il y ait un vainqueur : tout est ramené à la défense des intérêts personnels des riches au détriment des classes sociales inférieures, qui souffrent dans un camp comme dans l’autre.

 

 

 

TOME II, La Naissance de l’Élu :

« Les conflits entre Darren et [Donovan] engendrent souvent ce qu’on appelle des guerres artificielles. Nous ne nous attendons pas réellement à ce qu’il y ait un vainqueur. La guerre permet souvent de relancer l’économie, d’exciter les sentiments nationalistes et de renforcer le pouvoir de ses dirigeants. Nous n’en sommes plus au stade où la guerre affaiblit, mais celui où elle renforce, et ses enjeux sont souvent dérisoires »

 

 

Nous sommes donc bien loin de l’histoire d’amour qui projette une lueur d’espoir dans l’univers sombre de la guerre. Quelle est la place de l’amour dans La Guerre des Titans ? Si la vision traditionnelle de la guerre est à ce point bouleversée, l’amour subit-il lui aussi des changements qui visent à l’écarter des stéréotypes littéraires? Oui et non.

Il est vrai que l’amour est généralement présenté comme une passion qui domine le héros ou l’héroïne à un degré tel qu’il devient incapable de contrôler ses actes, et que toutes ses décisions sont influencées par le poids de l’amour, auquel il ne peut que succomber. Dans La Naissance de l’Élu, on peut facilement imaginer que l’héroïne est en proie à un dilemme cornélien face à son amour pour Donovan, car elle devrait alors choisir entre son devoir –celui de défendre Aquila- et sa passion, qui pourrait l’amener à trahir ceux auxquels elle a juré fidélité. Il n’en est rien.

Selenæ succombe à sa passion sans pour autant s’écarter de son devoir, et la question de la trahison ne se pose même pas, puisqu’une fois qu’elle a choisi son camp, il lui est impossible de retourner en arrière : quoiqu’il advienne, elle demeurera fidèle aux Titans. À présent, comment peut-elle dissocier l’homme qu’elle aime la nuit de l’ennemi qu’elle combat le jour? Comment peut-elle s’engager dans cette relation sans penser qu’il doit y avoir une raison derrière les actes de Donovan, et que celui-ci n’a pas choisi de la prendre pour amante simplement parce qu’il est tombé amoureux d’elle? On peut penser que c’est avant tout parce que ce n’est pas la première fois que l’héroïne se retrouve dans cette situation. En effet, dès le premier chapitre du Choix de Selenæ, l’on apprend que durant la guerre de Troie, une histoire d’amour l’avait unie à Achille, un des plus illustres commandants du camp grec, tandis qu’elle combattait aux côtés de Priam à la tête de son armée d’Amazones, dans le camp troyen.

En vérité, il n’est pas étonnant de la voir succomber aussi facilement à ses désirs, puisque, au fur et à mesure que la saga se développe, le personnage de Selenæ est de plus en plus associé à celui d’Amaraute, qui est une personnification du Chaos. Ce rapprochement du Chaos se fait par l’intermédiaire de Danaé, l’épée avec laquelle elle combat : une arme puissante forgée par Hel, et qui jouera une importance capitale dans la guerre à venir. Il faut en effet savoir que sur cette arme se trouvent deux dragons de pierre, « les gardiens de l’épée » qui crachent du feu sur quiconque tenterait d’empoigner Danaé sans en être digne. Ces deux dragons sont la personnification de l’Ordre et du Chaos. Lorsque Donovan vole l’épée de Selenæ, les deux dragons se séparent et se choisissent chacun un maître différent : l’Ordre ayant choisi Donovan, et le Chaos, Selenæ.

Ce choix n’est pas innocent. Il reflète non seulement le caractère des deux protagonistes, mais également la manière dont ils envisagent leur propre histoire d’amour : Selenæ, d’une part, succombe à ses désirs immédiats sans songer ni aux conséquences, ni aux circonstances politiques de l’union qui, si elle était découverte, pourrait constituer un acte de trahison de sa part et lui attirer ainsi une condamnation à mort; d’autre part, Donovan s’engage dans cette union non seulement de manière parfaitement rationnelle, mais également réfléchie. Pour lui, cette union a pour but unique la naissance de l’élu, et c’est pour cette raison précise qu’il a orchestré l’invasion d’Aquila, afin que Selenæ vienne la défendre et que cette guerre soit le prétexte de leur rencontre. D’un côté, Donovan cherche à éliminer tout sentiment de la relation amoureuse; de l’autre côté, Selenæ chercher à éliminer tout jugement pour n’en consumer que l’acte et assouvir le désir en-dehors de toute influence extérieure.

Il est entendu que l’un comme l’autre échouera à cette entreprise, puisqu’il est impossible de faire totalement abstraction d’une part de sa raison, d’autre part de ses désirs : inévitablement, les deux en viennent à s’affronter et les amants réalisent qu’ils n’ont que l’illusion de maîtriser la situation, alors qu’en réalité, ils sont tous les deux contraints d’agir contrairement à ce que leur dicte leur volonté. Lorsque Donovan réalise qu’il ne veut pas perdre Selenæ en la manipulant pour qu’elle trahisse les Titans malgré elle en donnant naissance à l’élu, Selenæ commence à s’apercevoir qu’elle est manipulée, et commence à remettre en question les sentiments de Donovan au moment même où ceux-ci deviennent plus forts que lui. Autrement dit, l’amour de Donovan envers Selenæ n’aurait jamais pu exister s’il n’avait pas cru qu’elle deviendrait la mère de l’élu, mais l’amour de Selenæ envers Donovan cessera d’exister au moment même où elle s’apercevra qu’elle est destinée à porter l’élu. La Guerre et l’Amour sont donc indissociables : non seulement ils ne peuvent exister à part, mais ils ne peuvent pas non plus exister ensemble, et l’un comme l’autre sont voués à l’échec. À la fin du roman, Selenæ et Donovan tentent de justifier leurs actes en défendant deux visions différentes de l’Amour :

 

TOME II, La Naissance de l’Élu (Donovan) :


Les mortels passent à travers l’existence comme un souffle de vent sur la surface d’une rivière. Ils essaient d’agripper quelque chose au passage, de laisser une trace d’eux-mêmes, de persister aussi longtemps qu’ils le peuvent, mais inévitablement, ils finissent par disparaître, puis par tomber dans l’oubli. Qu’est-ce que l’amour, sinon une roche emportée par le courant, qui flotte avec lui lorsque le vent souffle puis retombe au fond de l’eau lorsqu’il ne souffle plus? Les mortels ne sacrifient parfois tout à l’amour que parce qu’ils n’ont pas grand-chose à lui sacrifier. Ils ont peur de la vie parce qu’elle est absurde et peur de la mort parce qu’ils ne connaissent que la vie, alors, pour combattre les deux à la fois, ils leur donnent un sens en gravant jusqu’au plus profond de leur être un seul mot : passion. Cette flamme nous attire tous irrésistiblement et, comme des lucioles, les mortels s’y brûlent à trop s’en approcher. Mais qu’importe qu’ils s’y brûlent, s’y consument entièrement au nom de l’être aimé, puisqu’ils sont destinés à périr un jour ou l’autre? Qu’ils gagnent trente ou quarante ans de plus à éviter les flammes, les guerres, les maladies, ils savent que tôt ou tard, la vieillesse finira par les rattraper. Et lorsqu’ils auront déjà un pied dans la tombe, ils regretteront alors de ne pas avoir quelqu’un à leurs côtés pour ne pas mourir seuls comme ils ont vécu seuls. Nous, les immortels, n’avons pas à craindre l’idée d’une fin. Nous voyons les flammes brûler et volons à travers elles avec des ailes d’airain. Nos cœurs ne languissent pas du désir de la passion car en évitant de se jeter dans les flammes, ce n’est pas une vie de mortel qui nous est promise : c’est l’éternité. Ce mot vit avec nous à chaque instant, fait battre notre pouls et trembler notre main lorsque nous la hasardons trop près de la lame d’une épée. Ce mot remplace la passion dans notre cœur. Et si nous voyons parfois brûler des flammes auprès de nous, nous ne répondons pas aussi fougueusement à l’appel de la passion que le font les mortels. Le feu vacille dans le gouffre noir de notre esprit, caresse notre poitrine, échauffe nos ailes d’airain et d’une voix malicieuse, souffle à notre oreille engourdie par le froid de la solitude ce mot qui nous hante de jour comme de nuit : éternité. Nous sommes les seuls à lui faire face dans toute son ampleur; les mortels, eux, prononcent le mot « toujours » sans savoir ce qu’il signifie. Les amants les plus fidèles le gravent sur le front de leur bien-aimé d’un geste irréfléchi, et lorsqu’ils croient aimer, ils s’imaginent toujours qu’ils pourraient vivre jusqu’à la fin des temps avec cette même personne sans jamais se lasser, sans que jamais l’amour ne se ternisse. Mais tout porte à croire que l’Amour n’est qu’un piège, un abîme, une cage, d’extase et de souffrances, de plaisirs et de tourments; un piège auquel n’échappent que les Immortels.

 


TOME II, La Naissance de l’Élu (Selenæ) :


–Comment oses-tu parler de l’Amour en ces termes, toi qui as vécu assez longtemps pour savoir que sans lui, mille ans de vie ne valent rien? L’existence la plus misérable d’un villageois sans le sou, vieux et malade, est encore préférable à celle des Titans, si celui-ci a suffisamment aimé pendant sa vie pour réchauffer son vieux cœur sur son lit de mort. Quoi! l’amour n’est pour toi que synonyme de passion dangereuse, possible uniquement entre des étrangers? Et que fais-tu de l’amour que porte un frère à une sœur lorsque celle-ci tremble de froid et de faim, et qu’il prend une lame à son bras et part exposer sa vie aux hasards de la guerre, pour gagner à Aquila de quoi nourrir sa famille? Quel est l’amour que porte une femme à ses enfants, un soldat à ses frères d’armes, un général aux hommes qu’il entraîne durement contre les coups ennemis? Quel est l’amour que toi-même tu portes à ton peuple et celui qu’il te porte en retour, et qui se solde par tant de sacrifices, de chants, d’hymnes et de morts? Quoi! aurais-tu bâti ton trône seul, sans qu’un seul homme ne brandisse l’étendard de tes couleurs en s’écriant : je vais mourir pour Donovan! Ouvre les yeux : l’éternité est un vide que seul l’amour peut combler, et la gloire guerrière, la richesse et la renommée ne sont que d’inutiles artifices qui parent la vie d’un millier de couleurs sans jamais parvenir à en effacer la tache noire de la solitude.

 

Ces deux discours sont vains, car ils opposent deux sortes d’amour différents : la passion (eros), qui est à distinguer de la philia, soit l’amour fraternel que l’on ressent envers la communauté ou envers la famille. Selenæ ne distingue en rien l’un de l’autre, considérant l’amour fraternel comme une passion élargie à toute la communauté, et au contraire la passion comme un amour fraternel focalisé sur une personne en particulier. Ni l’un ni l’autre ne doivent avoir d’issue tragique, et les Immortels ne peuvent pas échapper au désir de vivre en commun, au même titre que les mortels.

 

Donovan, étant un être beaucoup plus rationnel que Selenæ, n’a pas ce sens de la précipitation qui est nécessaire aux intrigues tragiques, où l’action doit forcément éclater en une fin violente et irréversible. Si Selenæ est théoriquement immortelle, son sens de la précipitation la pousse à agir comme une mortelle, car les enjeux de ses décisions paraissent toujours irréversibles, et toutes ses décisions sont prises à la hâte sous la pression d’influences extérieures : c’est ainsi qu’elle a choisi à quel parti elle alliera ses forces dans la guerre des Titans, et c’est également ainsi qu’elle décidera de garder ou non l’enfant de Donovan si elle tombe enceinte, et de continuer ou non à l’aimer si elle apprend qu’il l’a manipulée.

 

Selenæ croit être libre, mais en vérité, plus on avance dans la lecture des tomes et plus l’on s’aperçoit qu’aucune de ses décisions n’est en vérité libre, car elles sont toutes le résultat de la pression d’influences extérieures que l’on pourrait, en un sens, rassembler sous le nom de « Destin ». Un lecteur averti se souviendra de l’avertissement de Hel dans Le Choix de Selenæ, lorsque l’héroïne voit son père en rêve après s’être abreuvée au Fleuve de l’Oubli :

 

 

TOME I, Le Choix de Selenæ (Hel) :

–Ce n’est pas dans la guerre que tu es démunie, Selenæ, mais dans l’amour. Aphrodite te l’a trop souvent fait savoir et pour cela, tu la détestes. Tout comme tu me détestes, moi. Ne t’a-t-elle pas maudite? N’est-ce pas à cause de cette malédiction que tu n’as jamais pu fonder une famille –crois-tu encore qu’il s’agisse d’une coïncidence, la folie d’Héraclès qui a tué vos enfants, puis la blessure mortelle d’Achille, si inattendue, au talon?…

 

 

 On peut considérer que la relation amoureuse de Selenæ et Donovan est vouée à l’échec à cause de cette malédiction, qui a déjà beaucoup fait souffrir Selenæ par le passé, puisqu’elle a toujours été séparée de ses amants d’une façon violente qui échappait à sa volonté et qui était d’une manière ou d’une autre, liée aux dieux. Cela signifie-t-il que Selenæ est irrémédiablement condamnée à vivre sous l’influence de forces qui rendent le produit de sa force et de sa volonté dérisoire, car, quoi qu’elle fasse, quoi qu’elle choisisse, elle sera invariablement manipulée par une force divine ou par l’autre?

 

Peut-être bien. Cela semble en tout cas être la conclusion de La Naissance de l’Élu :

 

TOME II, La Naissance de l’Élu (Selenæ) :

–Il n’est jamais simple de choisir où placer sa fidélité. Nous sommes tous manipulés, d’une manière ou d’une autre. Il m’arrive de croire que nous n’avons que l’illusion d’être libres, l’illusion que nous pouvons choisir quels seront nos combats, nos armes et nos maîtres, alors qu’en réalité le Destin n’a tracé qu’une route devant nous et quels que soient les chemins qu’on emprunte, ils convergent invariablement dans la même direction.

 

Par Miruna Tarcau - Publié dans : Analyses, critiques, commentaires
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Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /Nov /2008 00:50
Article d'Alexandre Gauthier, écrit pour Cité Nouvelles le 30 novembre 2007

Profitant de la tenue du Salon du livre de Montréal, la jeune auteure de Kirkland, Miruna Tarcau, a présenté son deuxième roman, Le Choix de Selenae.
Ce livre constitue le premier tome d’une saga fantastique, intitulée La guerre des Titans, qui se veut une fable sur la guerre et dont elle développe le concept depuis six ans.



Exactement un an auparavant, l’écrivaine alors âgée de 16 ans publiait son premier roman, L’Île du Diable, une intrigue policière qui s’adressait aux lecteurs de 11 et 12 ans.

Même si Miruna a travaillé son style d’écriture pour offrir un contenu plus élaboré, elle mise sur le même public cible. «Mon style est plus dense, j’utilise des métaphores et des sous-entendus, bref l’histoire est plus complexe», révèle-t-elle à propos du roman Le Choix de Selenae, une histoire condensée en 272 pages.

Le deuxième tome, qu’elle a déjà commencé à écrire, s’annonce plus volumineux et portera le titre de La naissance de l’élu. Au total, la saga comprendra quatre ou cinq tomes.

Enfin une héroïne!
Miruna a grandi au gré des séries Harry Potter et Le Seigneur des anneaux. Dès l’âge de 10 ans, elle a élaboré le personnage de Selenae, afin d’offrir une héroïne aux lecteurs, par opposition aux garçons de ces séries.

Elle a aussi empreint son imagination d’anciennes civilisations. «Je suis accroc de la mythologie grecque. J’ai donc inventé une saga fantastique qui décrit la lutte pour le pouvoir», admet l’auteure en entrevue dans les locaux du journal.

Miruna estime que Le Choix de Selenae est une histoire de luttes, d’amour, mais surtout de choix. «C’est la soeur jumelle de Selenae qui lui raconte les événements passés, la bataille pour une juste cause, mais son récit n’est pas ce que croyait l’héroïne, qui découvrira alors, entre autres, le rôle que son père a joué dans la guerre. Elle sera même confrontée à lui en duel, au péril de sa vie. Les choix concernant une épée et un équipier influenceront aussi le cours des choses.
Définir les nuances
Avec cette saga, la jeune auteure de Kirkland veut montrer que tout n’est pas noir ou blanc ou divisé en deux camps définis. «Au fil de combats et de trahisons, d’autres groupes se forment», laisse-t-elle entendre.
Dans La naissance de l’élu, un autre personnage tentera de réunir les sorciers et les vampires du monde des enfers pour découvrir qu’ils sont en fait de jeunes soldats lobotomisés pour la patrie et sous le commandement d’un seul chef. «C’est le combat des opprimés, du capitalisme sur le communisme, où chacun démonise l’autre à l’image de la guerre entre les États-Unis et l’Irak», illustre Miruna Tarcau.

L’étudiante en littérature au collège Stanislas compte effectuer des conférences en librairie et des rencontres d’auteur dans les bibliothèques afin de se faire connaître davantage et mousser sa saga. «Il m’arrive de croiser des jeunes dans les classes que je visite qui me disent qu’ils ont commencé à écrire et chaque fois je les encourage à continuer», conclut Miruna, qui est un inspirant modèle pour ces jeunes.
Par Miruna Tarcau - Publié dans : articles de journal
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Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /Nov /2008 22:46

Interview avec Miruna Tarcau au Salon du Livre de Paris 2008, par Madalina Vlasceanu

Toujours enthousiaste et en même temps terre à terre, à n’importe quel moment et à n’importe quel endroit, Miruna Tarcau est capable de parler de ses travaux littéraires des heures et des heures, avec la même passion. Cette fois-ci, notre discussion s’est déroulée en mars, au Salon du livre de Paris, où la jeune écrivaine était présente pour la deuxième fois, avec son nouveau livre Le Choix de Selenæ, le premier tome de la saga fantastique La Guerre des Titans.



Une histoire qui est comme toute histoire avec un point de départ. Ainsi, une simple classe de physique devient le cadre parfait, propice à l’imagination. Une simple comparaison se transforme vite dans une série de métaphores centrées sur l’idée que la matière, comme les atomes, est en grande majorité formée de vide. Tout est en place : la terre avec ses multiples dimensions, les personnages, la légendaire épée… « Dans ma tête l’histoire était claire, mais pour la transmettre au public ce n’est pas évident, car il faut être claire mais pas trop explicite», m’avoue la jeune adolescente. Ne pas être trop pédagogique, ne pas trop faire de détours, tout en gardant le suspens, l’action, l’effet de surprise…, voilà le défi de ses œuvres. Un pari qui s’avère réussi ; les livres vendus et les impressions des lecteurs témoignent. « J’ai beaucoup aimé la fin du son premier roman que j’ai acheté l’année passée. C’était inattendu, une fin pas du tout hollywoodienne. De plus, le roman se lit facilement. Je le conseille à tout le monde », s’enthousiasme Jean-Christian Derouin, un ex-camarade de classe de Miruna qui a déménagé à Paris depuis deux ans. Pour lui, Miruna reste avant tout une jeune fille « modeste, peu bruyante et avec de bonnes notes. (…) Avant qu’elle publie son premier livre, je n’étais même pas au courant qu’elle écrivait des livres », ajoute-t-il.


La jeune canadienne d’origine roumaine prend son rôle d’auteure très au sérieux en visant de publier un nouveau roman chaque année. A 300 exemplaires, la première impression du livre Le Choix de Selenæ est déjà épuisée. La deuxième s’impose à plus de mille exemplaires. Les autres volumes de la saga sont presque achevés dans son univers mental mais pour Miruna, savoir quoi dire ne suffit pas. Il reste à voir comment le dire et c’est là, toute la différence. C’est là que les études interviennent en faisant bon ménage avec son imagination. « Je n’aurais pas pu écrire de la même façon en faisant des études de médicine ou de droit », dit-elle. Décidée à faire toute de suite après son bac un master puis un doctorat en études littéraires à l’Université de Montréal, la jeune fille ne laisse rien au hasard. Comme dans ces romans, elle a envisagé la suite: une bourse, une année d’échange à Paris à la Sorbonne, des études scénographiques, une carrière dans l’enseignement et ainsi de suite.


Le travail complexe et minutieux de concrétisation, de mise en forme, de correction, fait de Miruna une écrivaine à part entière. En choisissant un style, son écriture devient de l’art. « Le style que j’utilise dans « Le choix de Selenae » est antique avec un vocabulaire précis concernant les noms, les comparaisons. C’est de la prose poétique avec beaucoup d’images », et pour elle « l’auteur doit croire à son histoire, doit être dedans la scène, doit sentir l’odeur ». Et pour cela, le travail de terrain et de documentation, les voyages, l’expérience de la vie, sont importants. 


Miruna garde de beaux souvenirs de cette édition du salon, mais un de ses plus chers reste sa rencontre avec Michel Drucker, grand animateur de la télévision française, et également auteur de plusieurs livres. Son séjour à Paris ne se résume pas juste au salon. En dehors de ses séances de dédicaces, elle en a profité pour magasiner, faire des photos dans les rues parisiennes, aller au théâtre et visiter les musées tel que le musée Rodin, le musée de la mode… Le Louvre reste pour la jeune canadienne le passage obligatoire à chaque voyage. Amoureuse de la salle des statues, elle retrouve ici une atmosphère antique propice à l’acte créateur. « J’aime Paris avec tous ses bâtiments, son activité culturelle, ses musées. Et ayant tout cela réuni dans une ville, c’est comme rentrer dans un tableau, dans un musée. Paris c’est comme un grand musée », affirme-elle.

Par Miruna Tarcau - Publié dans : interviews
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Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /Nov /2008 22:36
Article par Claude Bouchard, publié dans Cité Nouvelles le 8 décembre 2006. Photo: Marie-Claude Simard (Miruna Tarcau, une résidante de Kirkland, vient de publier son premier roman policier, L'Île du Diable, aux éditions Carte Blanche.)



À 11 ans, Miruna Tarcau n'en pouvait plus d'attendre le cinquième Harry Potter, elle entreprend donc de l'écrire. Elle ne se doutait pas à ce moment-là que, cinq ans plus tard, elle lancerait au Salon du livre de Montréal sa propre histoire, L'Île du Diable.


La jeune femme de Kirkland raconte comment sa passion pour l'ouvrage de J.K. Rowling l'a menée à l'écriture: «J'ai toujours aimé la lecture. J'ai lu les Astérix et Obélix en une année, puis je suis passée à Harry Potter. J'avais terminé le quatrième et le cinquième ne sortait toujours pas, alors j'ai entrepris de l'écrire», s'amuse-t-elle. Lorsqu'elle réalise qu'elle est en train de continuer quelque chose qui ne lui est pas propre, madame Tarcau décide de mettre sur papier ses idées. «J'ai toujours été frustrée par le nombre de mots dans les rédactions à l'école, se remémore-t-elle. Je perdais des points parce que mes histoires étaient trop longues. J'ai compris que je devais séparer l'école et les thèmes à explorer moi-même.»


Inspirée par Les dix petits nègres d'Agatha Christie, Miruna invente un récit en huis clos sur une Île entre la France et l'Angleterre oû une petite fête entre amis est troublée par la présence d'un meurtrier. Peu à peu, son texte s'allonge et son intrigue prend forme. «Au début, je n'ai pas pensé à écrire sérieusement. Je le faisais pour moi, c'était un plaisir de l'écrire. Puis, j'avais cent pages, deux cents pages et j'ai commencé à penser que je pourrais le publier», dit-elle. Cela lui prendra toute sa quatorzième année pour compléter son ouvrage.
«Si t'étais pas si jeune, je t'aurais pris» **
Si l'étape d'écriture a été un jeu d'enfant pour Miruna Tarcau, publier son script s'est avéré beaucoup plus complexe. Au début, cherchant à l'aveuglette avec sa mère, la jeune femme s'est butée à des réponses négatives à de maintes reprises, et la plupart du temps en raison de son âge. «On envoyait des courriels et des manuscrits un peu partout. Beaucoup d'éditeurs m'ont suggéré de proposer mon histoire à des maisons d'édition jeunesse ou de ne pas mentionner mon âge», dit-elle. Un dernier conseil qui a porté fruit. L'éditeur de chez Carte Blanche a été surpris d'apprendre son âge après l'avoir contacté pour parler affaires. «Ils ne le savaient pas au début. Finalement, ils ont trouvé ça agréable de travailler avec moi. Ils disent que ça fait changement», ajoute la jeune femme.

Heureuse de sa première expérience, Miruna Tarcau prépare déjà la suite du roman qui s'appellera: L'Île Saint-Gabriel. Ce n'est pas tout, en plus de ses études et de ses nombreuses activités parascolaires, elle continue en parallèle une saga fantastique. «C'est le projet qui me tient le plus à coeur. Cela fait six ans que j'écris le début puis que je recommence. Mon écriture s'améliore sans cesse et je ne suis jamais satisfaite de ce que j'ai tapé l'année précédente», déplore-t-elle. L'idée de cette série trottait dans sa tête avant même l'histoire policière de l'Île du Diable. «J'ai décidé de l'écrire au complet cette année. J'ai déjà 190 pages à  l'ordinateur. C'est une histoire interminable qui passe de l'Antiquité aux enfers, au monde actuel», explique Mme Tarcau. D'ici là , elle doit terminer ses études secondaires et est encore incertaine du domaine dans lequel elle souhaite s'investir. L'auteure s'intéresse à  tout. Elle pense au droit, à  la politique, aux sciences et bien sûr, à  la littérature. Consciente de son talent inné pour jouer avec les mots, elle craint toutefois étudier ce domaine dans lequel elle patauge actuellement en toute liberté. «J'ai peur d'étudier les procédés d'écriture, je ne veux pas que cela bloque dans mon écriture», conclut-elle.
Par Miruna Tarcau - Publié dans : articles de journal
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Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /Nov /2008 22:30
Article écrit par Geneviève Allard pour l'Express Outremont, le 14 décembre 2006.
Photo: courtoisie (Miruna Tarcau, jeune élève du collège Stanislas, a discuté avec plusieurs de ses collègues de classe durant le lancement de son premier roman, L'Île du diable, le 4 décembre.)




Rares sont ceux et celles qui peuvent se targuer d'avoir participé au Salon du livre de Montréal à l'ge de 16 ans. Miruna Tarcau, elle, peut le faire.
«C'était vraiment une belle expérience», raconte la très articulée élève du collège Stanislas. Son tout premier livre, L'Île du diable, est un imposant roman policier, bien ficelé, oû l'influence d'Agatha Christie est palpable. «J'avais le goût d'écrire une intrigue avec un coup de théatre à la fin, comme dans les romans d'Agatha Christie.»


C'est une méthode que la jeune auteure d'origine roumaine a tenté d'explorer dans sa première oeuvre, qu'elle a pris près de cinq ans à écrire et qui n'est pas sans rappeler, par sa trame, Les 10 petits nègres de Mme Christie.


L'intrigue de 400 pages explore les aventures d'un policier qui passe une semaine dans un manoir isolé sur une Île de la Manche. Des amis de la maîtresse de maison y sont rassemblés et dès le premier soir, des événements étranges s'y produisent. Attentats, suicides, meurtres, empoisonnements et coups de feu se succèdent. Chaque fois que le jeune détective enquête, il se retrouve sur une fausse piste, qui n'est pas sans laisser le lecteur indemne.


Visant un lectorat de tout âge, l'aventure ne laisse nullement poindre qu'elle est écrite par une plume juvénile. La jeune Miruna Tarcau concède toutefois avec sagesse que si le lecteur prend le bouquin en ayant en tête que son auteure à 16 ans, le jugement est altéré. «Il y a quand même une réaction positive à mon âge», signifie la jeune résidante du West Island, qui terminera ses études à Stanislas dans deux ans et demi.


L'Île du diable a été publié à la suite des encouragements de l'entourage de l'auteure. Il a fallu près d'un an pour trouver un éditeur. «La recherche a été ardue. J'ai trouvé à tâtons en faisant de la recherche sur Internet, avec l'aide de ma mère, raconte Miruna Tarcau. On ne m'a pas prise au sérieux au début. On a même cru que ce n'était pas moi qui avais écrit le livre», dit-elle avec un sourire dans la voix. Ce sont finalement les éditions Carte blanche, installées à Outremont, qui ont pris la jeune auteure sous leur aile.


Aujourd'hui, Miruna Tarcau travaille sur plusieurs choses à la fois. Tout en prenant d'assaut ses études, elle prépare une suite à L'Île du diable et prévoit une saga fantastique, genre littéraire qu'elle préfère.


Même si elle ne ressent pas la pression du succès, elle s'impose une stricte discipline d'écriture. Elle ne veut tout simplement pas perdre la main. «J'aimerais vivre de l'écriture, si c'est possible, mais je ne sais pas ce que je veux faire encore». Le droit pourrait l'intéresser, mais elle ne veut surtout pas s'empcher de s'ouvrir à d'autres avenues. Elle a bien le temps de décider de sa carrière, son talent ne semble pas près de disparaitre.
Par Miruna Tarcau - Publié dans : articles de journal
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  • : Le blog de Miruna Tarcau
  • Le blog de Miruna Tarcau
  • : Culture
  • : Je suis une jeune auteure montréalaise de 18 ans. J'ai commencé ma carrière littéraire il y a deux ans avec la publication de mon premier roman, un livre policier de 400 pages intitulé L'Île du Diable. Je travaille actuellement sur une saga de fantesy héroïque, dont le premier tome est sorti l'année passée aux éditions Christian Feuillette: Le Choix de Selenæ. Le tome suivant est prévu pour décembre-janvier 2008: La Naissance de l'Élu.
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